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Le Gouvernement et EDF doivent tirer les leçons du rapport de la Cour des Comptes

La publication du rapport de la Cour des comptes sur la renationalisation d’EDF relance le débat sur le rôle de l’État actionnaire et le financement de la transition énergétique. Pour la CFE Énergies, les conclusions du rapport confirment une évidence : l’opération menée en 2022 et finalisée en 2023 n’a pas apporté à EDF les moyens financiers dont l’entreprise a pourtant un besoin urgent.

Coûtant 9,7 milliards d’euros aux finances publiques, la renationalisation a permis à l’État de devenir l’unique actionnaire d’EDF. Mais selon la Cour des comptes, cette opération n’a généré aucun financement direct supplémentaire pour l’électricien national. Une analyse que partage la CFE Énergies.

La CFE Énergies rappelle que l’État détenait déjà le contrôle d’EDF avant son retrait de la Bourse. Les près de 10 milliards d’euros mobilisés pour indemniser les actionnaires minoritaires auraient été beaucoup plus utiles s’ils avaient été injectés directement dans les fonds propres de l’entreprise via une augmentation de capital.

Un tel choix aurait renforcé la capacité d’investissement d’EDF au moment où le groupe doit faire face à des besoins sans précédent : prolongation du parc nucléaire existant, construction de nouveaux réacteurs, modernisation des réseaux et accompagnement de l’électrification de l’économie française.

Pour la CFE Énergies, cette question est d’autant plus importante que plusieurs décisions de l’État ont contribué ces dernières années à fragiliser la situation financière du groupe. Le syndicat pointe notamment certaines opérations de rachat ou de sauvetage d’entreprises imposées à EDF, éloignées de son cœur de métier et consommatrices de ressources financières qui auraient pu être consacrées à ses missions industrielles.

La CFE Énergies revient également sur le projet britannique Hinkley Point C. Elle estime que la décision d’investissement prise en 2016 a été précipitée sous l’effet d’un calendrier politique, alors même que les capacités financières d’EDF n’étaient pas calibrées pour supporter un tel engagement. Dix ans plus tard, nous considérons que cette expérience doit servir de leçon alors que la France prépare une nouvelle relance du nucléaire.

Autre sujet de critique : la décision prise en 2022 d’imposer à EDF la vente de 20 TWh supplémentaires d’électricité dans le cadre du dispositif ARENH. Selon la CFE Énergies, cette mesure a lourdement pénalisé les finances de l’entreprise au nom de la protection du pouvoir d’achat, illustrant une logique du « quoi qu’il en coûte à EDF » dont le groupe supporte encore les conséquences.

À l’heure où le gouvernement place l’électrification, la décarbonation et la réindustrialisation au cœur de sa stratégie économique, la CFE Énergies appelle à un changement de méthode. L’État doit désormais agir comme un véritable actionnaire stratège, capable de renforcer durablement EDF plutôt que de lui imposer des décisions aux conséquences financières parfois lourdes.

Alors que l’entreprise vient de célébrer ses 80 ans, la CFE Énergies estime que les enseignements du rapport de la Cour des comptes doivent guider les futures décisions concernant le financement des nouveaux réacteurs nucléaires et les grands investissements énergétiques. Car renforcer EDF, c’est aussi renforcer la souveraineté énergétique et industrielle de la France.