Rapport favorable pour le nucléaire dans la taxonomie européenne ?

Inclusion ou exclusion de l’énergie nucléaire de la taxonomie de l’Union Européenne ?

L’analyse de 387 pages que vient de livrer le CCR, service scientifique interne et indépendant de la Commission Européenne, devrait peser lourd dans la balance en faveur de l’inclusion de l’énergie nucléaire dans la taxonomie de l’Union Européenne, dont elle est pour le moment exclue. La parution des actes délégués est imminente et l’enjeu crucial.

Après quatre années de gestation, la première taxonomie verte établie par la Commission Européenne, qui conditionne l’accès à des financements privilégiés en classant les activités économiques selon leur caractère durable, devrait bientôt être publiée.

Dans un premier temps, l’énergie nucléaire, parce que n’émettant pas de gaz à effet de serre, a été reconnue comme contribuant à l’atténuation du changement climatique ; cependant, la Commission, arguant qu’elle n’était pas en mesure de conclure que le nucléaire ne causait pas de dommages importants à d’autres objectifs environnementaux (critères DNSH – Do Not Significant Arm), ne l’a pas incluse dans la taxonomie. Elle recommandait une évaluation scientifique et technique portant en particulier sur le problème des déchets nucléaires.

Le Centre Commun de Recherche (CCR) ou Joint Research Comitee (JRC), service scientifique interne de la Commission dont la mission est de réaliser des recherches et fournir des conseils scientifiques indépendants, fondés sur des éléments factuels, a été chargé de cette évaluation et a rendu fin mars un rapport extensif qui fera date.

Pour le CCR, il n’existe aucune preuve scientifique que l’énergie nucléaire nuit davantage à la santé humaine ou à l’environnement que les autres technologies de production d’électricité déjà incluses dans la taxonomie en tant qu’activités soutenant l’atténuation du changement climatique.

[…]

De plus, même si son inclusion n’était que retardée, le nucléaire ne figurerait pas dans les premiers actes délégués ; ce serait un signal clairement négatif pour les investisseurs, discriminant EDF et la filière nucléaire vis-à-vis de l’accès au financement.

[…]

En n’incluant pas le nucléaire dans la taxonomie, l’Europe disparaîtrait de la scène internationale en ce domaine et se priverait d’un outil décarboné et pilotable essentiel pour répondre de manière soutenable au défi climatique, sauf à devenir complétement dépendante d’autres puissances géopolitiques. Ce serait une décision incompréhensible, illogique et lourde de conséquences pour EDF et toute la filière nucléaire.

 

Téléchargez le document

CFE Energies

GRATUIT
VOIR