ENGIE : résultats financiers 2021

Résultats très encourageants


Le Groupe ENGIE affiche de très bons résultats sur l’exercice 2021, atteignant la borne supérieure de tous les agrégats de sa guidance financière. Néanmoins, il reste des points de vigilance.


Quelques chiffres essentiels

Le résultat net récurrent part du groupe représente 2,9 milliards d’euros (Mds€), et 3,2 Mds€ en incluant l’activité d’Equans appelée à être cédée. Avec 6,1 Mds€ de résultat opérationnel courant, le Groupe affiche une croissance organique de 42% par rapport à 2021. L’EBITDA s’élève à 10,6 Mds€, pour un chiffre d’affaires de 57,9 Mds€. Le résultat net part du groupe, incluant les éléments récurrents et non récurrents de l’activité, ressort à 3,7 Mds€, alors qu’il était négatif l’an passé.
Le programme d’investissements atteint 8 Mds€, dont 4,3 Mds€ de CAPEX de croissance, en phase avec l’ambition de développement du Groupe et son recentrage sur les renouvelables, les infrastructures, et les solutions énergétiques. L’endettement net financier augmente en valeur mais s’améliore en pourcentage de l’EBITDA ; le constat est identique pour l’endettement net économique, qui inclut les provisions constituées, notamment pour les retraites, le démantèlement des installations nucléaires et l’aval du cycle du combustible usé.


Des points de vigilance

2021 a été marquée par une forte croissance du prix des commodités, qui a eu des impacts sur les appels de marge de l’activité de gestion de l’énergie, et a érodé d’environ 2 Mds€ le cash-flow issu des opérations (à 6,3 Mds€), lequel est essentiel pour le financement des CAPEX.
En outre, si l’on compare avec les niveaux pré-covid de l’exercice 2019, les Global Business Units (GBU) sont encore légèrement en retrait, les résultats du nucléaire expliquant complètement la meilleure performance. Le nucléaire a en effet bénéficié d’une disponibilité exceptionnelle et de bons prix. En revanche, on note avec satisfaction la création de valeur des premiers investissements engagés dans le cadre de la nouvelle stratégie.


Un dividende à 85 centimes par action

Cette année, le Groupe a choisi de verser 85 cts par action, correspondant à la borne inférieure de la politique de distribution du Groupe (un pay-out de 65 à 75% du résultat net récurrent part du groupe). Ce choix modéré est cohérent avec l’ambitieux programme d’investissements du Groupe, et ce malgré la perspective de recevoir d’importants produits nets de cession (dont ceux d’Equans) en 2022. Pour autant, la CFE-CGC milite pour une politique prudente de versement de dividendes pour les exercices à venir. Elle veillera aussi à ce que les dividendes ne soient pas dé-corrélés du résultat net part du groupe.


En conclusion pour la CFE-CGC

En dépit des quelques points de vigilance énoncés ci-dessus, les résultats financiers du Groupe sont très encourageants et en cohérence avec les ambitions du Plan d’Affaires à Moyen Terme. Mais ne baignons pas pour autant dans l’angélisme, les efforts de performance opérationnelle seront encore conséquents en 2022, il est vrai avec une gouvernance simplifiée. Pour que cette évolution soit effectivement vertueuse, il est important que les effectifs ne constituent pas le terme de bouclage de l’équation financière du Groupe. Bien au contraire, la reconnaissance des femmes et des hommes doit être au rendez-vous, en particulier sur l’aspect de la rémunération. La déception enregistrée, dans certaines filiales, sur nombre de populations encadrantes au vu des mesures salariales proposées, montre si besoin était que les comptes sont bons mais que le compte n’y est pas encore.