Depuis plusieurs mois, la CFE Énergies alerte sur les effets préoccupants de la modulation croissante du parc nucléaire et des autres moyens de production pilotables (hydraulique, thermique), conséquence directe du développement massif et déséquilibré des énergies renouvelables intermittentes (solaire et éolien), qui bénéficient d’une priorité d’accès au réseau.
Garantir la sécurité et la stabilité du réseau
Pour la CFE Énergies, la politique énergétique doit s’appuyer sur des analyses techniques et non idéologiques, reconnaître le nucléaire comme pilier du système électrique et garantir la sûreté via des capacités pilotables.
Nucléaire fragilisé : système électrique en danger
La CFE Énergies dénonce :
- Le retard volontaire dans la publication du rapport d’EDF sur les impacts techniques et économiques de la modulation du nucléaire.
- Le développement déséquilibré des énergies renouvelables intermittentes, injectées sur le réseau sans lien avec la demande réelle.
- L’éviction progressive du nucléaire, devenu une variable d’ajustement au détriment de l’intérêt général.
- Une utilisation des interconnexions européennes qui fragilise le système électrique au lieu de le sécuriser.
- Une modulation croissante de l’hydraulique et une sollicitation erratique du thermique à flamme.
Risques accrus et coûts en hausse
Pour la CFE Énergies, la modulation croissante induite par le développement des ENR intermittentes entraîne des effets cumulatifs de plus en plus préoccupants sur l’ensemble des moyens de production pilotables.
Pour le nucléaire, elle constitue un non-sens industriel et économique. Elle accentue les sollicitations mécaniques et thermiques des composants, accélère leur vieillissement et engendre des coûts de maintenance très élevés. Elle conduit également à des arrêts contraints des installations, au détriment de la stabilité du réseau électrique, qui a besoin de l’inertie et de la continuité apportées par le parc nucléaire.
Pour le thermique à flamme, les cycles incessants de démarrage et d’arrêt augmentent fortement les contraintes mécaniques et thermiques, avec pour conséquences une hausse des coûts de maintenance et une dégradation des matériels.
Pour l’hydraulique, en particulier le fil de l’eau, pourtant à la fois renouvelable et pilotable, l’effacement imposé au profit des ENR intermittentes conduit à laisser s’écouler une partie de la « ressource eau » sans production d’électricité, avec à la clé des pertes de production et une dégradation de l’équilibre économique des installations.
Plus globalement, cette modulation répétée génère des pertes de production qui fragilisent directement les modèles économiques de l’ensemble de ces moyens, historiquement fondés sur un fonctionnement stable en base ou en semi-base, et sur une exploitation de long terme.
Face à ces constats, l’absence de stratégie nationale claire et cohérente pour maîtriser ces effets systémiques apparaît tout simplement invraisemblable.
Nucléaire et PPE3
La CFE Énergies exige des mesures claires :
- La publication immédiate du rapport d’EDF.
- Une révision en profondeur de la PPE3.
- Le rétablissement de priorités claires : stabilité, sécurité d’approvisionnement, souveraineté énergétique.
- La reconnaissance et la valorisation de la contribution systémique du nucléaire et des autres moyens pilotables.
- Une politique énergétique cohérente, fondée sur l’intérêt général et la préservation de l’outil industriel
La CFE Énergies continuera à défendre un système électrique sûr, cohérent et durable, au service de l’ensemble des citoyens.
[Ces positions ont récemment été rappelées pour le nucléaire dans un entretien accordé à Transition & Energies]









