Hercule : chronique d’un désastre inéluctable ! SAISON 2020 – Épisode n° 1

HERCULE, c’est toujours NON !

En trois « épisodes », l’Alliance CFE UNSA Énergies vous propose de marcher sur les traces d’HERCULE. Pour appréhender le présent et envisager l’avenir, il convient de comprendre le passé !

« AVANT », dans une galaxie pas si lointaine, il y avait un marché de gros de l’électricité sur lequel les concurrents d’EDF se fournissaient pour proposer des offres à leurs clients. L’électricité produite à partir de pétrole (alors à 20 $ le baril), de gaz ou de charbon était compétitive face au nucléaire, et les consommateurs abandonnaient le Tarif Règlementé de Vente (TRV) pour l’eldorado des nouvelles offres …

Mais dès 2004, le pétrole se mit à augmenter, entraînant le gaz dans sa hausse. À 147$ le baril de pétrole mi-2008, les clients revenaient en masse au Tarif Réglementé de Vente après, pour les plus grands d’entre eux, avoir réclamé un tarif de retour dit TaRTAM (Tarif Réglementé et Transitoire d’Ajustement au Marché).
Marché : 0 point. Modèle EDF : 1 point !

Pour sortir de cette impasse (la concurrence ne devait-elle pas faire baisser les prix ? c’était promis !), le « rapport Champsaur » de 2009 recommande un accès régulé à la production nucléaire permettant aux concurrents d’EDF d’acquérir des kWh à un prix supposé correspondre au coût de production pour EDF. Ce système artificiel dit AReNH a donc « subventionné » l’implantation de la concurrence… sur le dos d’EDF !

Problème : depuis 2017 le prix sur le marché de gros remonte, et le volume d’AReNH n’est pas extensible, donc les concurrents achètent sur le marché parfois plus cher qu’ils ne revendent pour une partie de leur portefeuille clients. D’où leur volonté de disposer de plus de kWh aux conditions plus que juteuses de l’AReNH. Ils veulent gagner à tous les coups.

Dans ce contexte d’un AReNH trop défavorable à EDF, l’État envisage une réforme de l’AReNH et demande, dans le même temps fin 2018, à la direction d’EDF de lui présenter un scénario de réorganisation des actifs du groupe. Et au printemps 2019, des « fuites » (savamment orchestrées ?) dans la presse font alors état d’un projet déjà bien avancé répondant au nom d’Hercule.  Le hic, c’est qu’aucun autre scenario n’est présenté et celui-ci semble avoir été bâti en catimini par des banquiers d’affaires, sans aucune réflexion industrielle…

Qui peut encore ignorer que le vrai problème dont souffre EDF
depuis de longues années réside dans la régulation
du  marché de l’électricité et les choix politiques associés ?

Ni vision stratégique ni logique industrielle, Hercule est plus que jamais un projet guidé par la seule finance : pour l’Alliance CFE UNSA Énergies, un passage en force est inenvisageable ! En effet, ne présenter qu’un seul scenario pour l’avenir d’EDF est une véritable malhonnêteté intellectuelle car il existe d’autres alternatives. Il est donc indispensable de se mobiliser pour obliger à la concertation avec les salariés et challenger les décisions envisagées, car à ce stade on est bien loin de penser que celles présentées par la Direction soient les meilleures pour EDF et ses salariés !

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