Plan de relance et pragmatisme écologique

Le Gouvernement doit aller un cran plus loin dans le pragmatisme écologique

Tout à sa volonté de démontrer son engagement écologique, le Gouvernement vient d’annoncer que le plan de relance économique qui sera présenté le 24 août prochain consacrera 30 milliards d’euros à la transition écologique afin de favoriser la décarbonation de l’économie. Parce que l’urgence climatique impose de réussir l’objectif de neutralité carbone dès que possible, l’Alliance CFE UNSA Énergies salue cette volonté affichée de faire de la décarbonation le cœur du plan de relance français, loin d’une idéologie verte dont la France comme l’Europe doivent se sauver des excès.

L’objectif est bien d’aider l’industrie française à baisser drastiquement ses émissions de CO2 tout en soutenant les filières industrielles françaises bas carbone pour que la France puisse « redevenir une grande nation industrielle grâce à l’écologie » comme le souhaite le Président de la République.

L’Alliance CFE UNSA Énergies demande donc au Gouvernement de soutenir l’ensemble des solutions bas carbone qui sont assises sur des technologies françaises et des filières industrielles nationales, ne serait-ce que pour éviter que l’argent de ce plan de relance ne conduise à une explosion des importations d’équipements conçus et fabriqués ailleurs. Ce plan de relance bas carbone n’ira en effet dans le bon sens que s’il est souverain et made in France !

Puisque les secteurs du logement et des transports sont les secteurs les plus émetteurs de CO2, l’Alliance CFE UNSA Énergies se félicite de la priorité qui leur a été donnée dans les premières décisions du Conseil de Défense Écologique du 27 juillet, ce d’autant plus que c’est la décarbonation de ces deux secteurs qui offre le potentiel le plus important de croissance verte et de création d’emplois.

Ces décisions s’inscrivent dans l’écologie pragmatique et concrète que l’Alliance CFE UNSA Énergies prône et dont le combat climatique a besoin, loin de toute approche sectaire et idéologique.

Au-delà de ces premières mesures, le Gouvernement doit aller un cran plus loin dans le pragmatisme écologique et climatique s’agissant du mix électrique du pays.

Or, à en croire la dernière délibération de la Commission de Régulation de l’Énergie sur les charges de service public, le soutien public au développement des énergies renouvelables (EnR) électriques va exploser de 1,1 Mds€ pour atteindre le chiffre démentiel de 5,8 Mds€ en 2020, pesant d’autant sur le pouvoir d’achat des Français.

Dès lors, l’Alliance CFE UNSA Énergies est plus que jamais convaincue que le scénario 100 % renouvelables en 2050 que certains défendent serait autant un suicide économique pour le pays qu’une hérésie industrielle et sociale au regard du contenu très faible en emplois qualifiés et réellement durables, contrairement aux élucubrations du dernier plaidoyer pro domo du syndicat des énergies renouvelables. Sans parler du recours massif aux importations d’équipements sur lequel 15 années de développement EnR ont reposé…

Puisqu’un mix électrique diversifié est un gage de résilience et donc de sécurité électrique des Français, le Gouvernement doit faire preuve de pragmatisme en préparant dès à présent le chemin vers un mix électrique 2050 reposant sur un équilibre entre les EnR et le nucléaire et qui constituera l’optimum économique et climatique pour la collectivité.

Pour l’Alliance CFE UNSA Énergies, cela suppose de prendre, sans plus tarder et dans le cadre du plan de relance, les bonnes décisions en matière de planification industrielle, de développement technologique et d’innovation dans le domaine nucléaire.

À écouter le Président de la République lors du lancement de la phase d’assemblage du projet Iter le 28 juillet, c’est cela aussi le pragmatisme climatique et énergétique !

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