Réforme du Code du travail : précarisation en marche

L’OCDE (Organisation pour la Coopération et le Développement économique en Europe) vient de publier l’édition 2017 des perspectives de l’emploi en France. Selon ses projections, l’emploi devrait se stabiliser d’ici fin 2018 et le taux de chômage devrait diminuer légèrement. L’OCDE souligne la polarisation des emplois qui sont désormais peu ou très qualifiés, les emplois intermédiaires ayant tendance à se raréfier.

Alors qu’est débattu à l’Assemblée nationale le projet de loi d’habilitation à légiférer par ordonnance pour réformer le code du travail, dont l’objectif affiché est de créer de l’emploi par des mesures sans aucun lien direct voire en renforçant la précarisation, l’OCDE nous livre quelques informations intéressantes.

Les trois forces de la France sont une insécurité du marché du travail inférieure à la moyenne de l’OCDE, une proportion relativement faible de ménages pauvres et la qualité du revenu d’activité supérieure à la moyenne. Or le projet de loi risque bien de produire des effets exactement contraires en augmentant l’insécurité et la précarité des salariés (sans CDI, pas de logement, pas de prêt bancaires…), en créant un dumping social possible au sein d’une même branche professionnelle grâce aux baisses de salaires, sans compter les risques accrus sur la santé des salariés.

Quant à la flexibilité et à la souplesse voulues par le patronat, l’OCDE rappelle que trois contrats signés sur 4 quatre en France sont des contrats temporaires et que ces derniers ne constituent pas « un tremplin fiable pour des emplois permanents ».

In fine, l’OCDE encourage la France à associer les partenaires sociaux à la nouvelle réforme du code du travail, ce qui semble être le cas dans le texte mais absolument pas dans l’esprit comme le démontre les communications de notre Confédération.

 

CFE Energies

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